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FRANCE 2015 : Interview de Nathalie André
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Publié le 17 Février 15 à 09h52  / Modifié le 19 Février 2015 à 16h10  Par DRS2G
Près de trois semaines après que France 2, chaîne de télévision en charge de la participation française à l’Eurovision 2015, ait rendu publique la contribution pour Vienne le 23 mai prochain, à savoir la ballade « N’oubliez pas » de Lisa Angell, Nathalie André, actuelle Directrice du Pôle Divertissements et Jeux de France 2, a été interviewée par France Télévisions sur les raisons du choix de Lisa Angell comme représentante de la France et du duo Stéphane Bern et Marianne James comme commentateurs pour France 2, dans le cadre de l’édition 2015 du Concours Eurovision de la Chanson.

Nous vous proposons une interview écrite et vidéo de Nathalie André au sujet de l’Eurovision 2015 afin de mieux la connaître, appréhender son travail au sein de France Télévisions et sa vision du Concours.

Biographie de Nathalie André

Nathalie André est connue du grand public pour avoir participé à la Star Academy sur TF1, mais elle est aussi, et surtout, une grande professionnelle des variétés reconnue par tous.

Nathalie André est née le 25 mars 1962 à Paris. Elle quitte l'école et commence à travailler à l'âge de 16 ans comme apprentie coiffeuse. Première bifurcation dans sa vie professionnelle, suite à une rencontre, elle travaille dans la publicité : elle y restera près de 6 ans.

Cela lui donne l'opportunité, en 1983, de rejoindre NRJ, en tant qu'assistante de Max Guazzini (le fondateur de la station) en charge de la promotion des concerts NRJ et assistante à l'antenne en relation avec les animateurs.
Nathalie est notamment chargée de rallier des artistes à la cause de NRJ, et des les convaincre de venir participer aux différentes opérations de la radio.

Elle assure la programmation musicale d'émissions de radio (RMC / NRJ) et de télévision (Durand La Nuit). Puis elle rejoint Michel Drucker et devient celle qui choisit les artistes musicaux pour ses émissions.

Le 10 décembre 1998, elle crée sa propre société de programmation musicale : NAO "Nathalie André Organisation".
Le 16 août 2001, elle cède sa société à ENDEMOL en demeurant Directrice Générale.

Nathalie André rejoint France Télévisions, en étant nommée Directrice du Pôle Divertissements et Jeux de France 2, en janvier 2011.

Interview de Nathalie André

Bonjour Mme André. Tout d'abord, quels souvenirs précis gardez-vous du Concours Eurovision de la Chanson en tant que professionnelle et en tant que (télé)spectatrice ?

Nathalie ANDRE : En premier lieu, ce fut l’année où j’ai fait l’Eurovision avec Marie-France Brière, qui était à l’époque Directrice des Divertissements d’Antenne 2, qui avait choisi le titre de Joëlle Ursull, « White and Black Blues », écrit et composé par Serge Gainsbourg, c’était en 1990. Ce titre était un tube en puissance, avec un message fort, et une interprète à la fois belle et talentueuse.

Toujours avec Marie-France, l’année suivante, j’ai participé au casting de voix pour la contribution française de l’Eurovision 1991, au cours duquel Amina fut sélectionnée pour Rome avec « C’est le dernier qui a parlé qui a raison ».

Autrement, je garde un grand souvenir, en tant que (télé)spectatrice, de Conchita Wurst l’an dernier, que j’avais invitée à participer à la Fête de la Musique à Montpellier, animée par Aïda Touhiri et Patrick Sébastien, le 21 juin dernier.

La musique a une place particulière dans votre carrière et dans votre vie personnelle. Que recherchez-vous chez un artiste avant tout, en particulier ?

NA : Mon père était batteur de jazz dans un groupe assez connu à l’époque « Les Haricots Rouges », et avait une incroyable culture musicale. Petite, il m’avait emmenée au Festival de Juan-les-Pains voir Erroll Garner ou Count Basie en concert.

J’ai commencé ma carrière professionnelle dans les médias et dans la musique en travaillant tout d’abord dans la communication, puis en intégrant la radio NRJ en tant qu’assistante de Max Guazzini, son fondateur, et en devenant responsable de la promotion et de l’antenne pour cette station, où je m’occupais plus particulièrement des concerts.

J’ai été également rédactrice en chef d’un magazine de rock pendant un an et demi (« Backstage »), programmatrice musicale d’une émission de télévision (« Childéric » sur La Cinq) avec des artistes indépendants comme les Oui-Oui ou Noir Désir à l’époque, ou directrice de la programmation musicale de Radio Monte-Carlo avec essentiellement des artistes français très populaires.

Ce que je cherche chez un artiste ou un groupe, c’est si celui-ci est capable de chanter en direct, sans avoir 4 choristes à ses côtés, et que son interprétation reproduise exactement le son du single diffusé à la radio ou à la télévision. Ensuite, si cet interprète possède du charisme, un avenir dans l’industrie musicale et un tube.

Le grand public vous a connu en tant que directrice de la Star Academy en 2003. Comment avez-vous ressenti ce passage de l’ombre à la lumière cette année là ?

NA : La Star Academy ne représente que 10% de ma carrière, mais tout le monde ne me parle que de ça. En 2003, j’ai remplacé Alexia Laroche-Joubert à la Direction de la Star Academy du fait du décès de son mari. Je n’avais pas eu le choix. Si je devais le refaire, je ne le referai pas.

Personnellement, j'ai très mal vécu d'être Directrice de la Star Academy en 2003, à cause de la médiatisation que cette émission avait engendré.
En parallèle à ce poste de Directrice, avec ma société NAO, j’avais en charge beaucoup d'émissions sur toutes les chaînes, dont le Plus Grand Cabaret du Monde, le Téléthon, les Victoires de la Musique…
Quand j’arrivais sur un plateau de télévision, les gens me voyaient comme la Directrice de la Star Academy avant de me considérer comme la professionnelle que je suis. Par exemple, lors du Téléthon, je recevais autant de demandes d’autographes que le parrain. C'est cela qui m'a gêné, d'être devant les caméras, mon travail était beaucoup plus intense derrière, côté backstage.

En effet, d’un point de vue professionnel, pendant ces 8 ans en tant que Directrice Artistique, derrière les caméras, ce fut une de mes expériences les plus intéressantes, car j’avais fait venir de grandes stars internationales ou françaises sur le plateau ou au château, comme, par exemple, Mariah Carey en 2002, à l’époque où elle était au top de sa popularité et de son talent. Ce fut un énorme travail de faire venir ces vedettes mondiales en France juste pour la Star Academy.

Quelle est votre définition personnelle d’une émission de divertissement ?

NA : La définition d’une émission de divertissement sur une chaîne privée comme TF1 est une chose, celle pour une chaîne publique comme France 2 en est une autre.

Au sein du service public, j’ai la chance de travailler avec des directeurs comme Thierry Thullier (Directeur de l’Antenne de France 2), Bruno Patino (Directeur des Programmes à France Télévisions) ou Rémy Pflimlin (Président Directeur Général de France Télévisions) qui m’ont donné la possibilité de réaliser ce que j’ai toujours aimé faire durant ma carrière, c’est-à-dire découvrir des talents.

Je ne cherche pas à mettre à l’antenne des prime-times avec à l’affiche que des artistes qui sont très connus. Ici, de part ma fonction, j’ai la possibilité de faire parler toutes les musiques, de passer de Skip The Use à Annie Cordy, de Shaka Ponk à Salvadore Adamo, et de pouvoir offrir aux téléspectateurs une diversité musicale incroyable, qui correspond aussi à mon parcours musical et professionnel.

J’ai la chance de posséder une grande diversité musicale, et de penser d’abord aux gens à qui je m’adresse avant de faire passer mes goûts personnels, qui sont différents du grand public et du téléspectateur lambda d’une émission de divertissement de France 2.

Comment s’est déroulée la sélection de Lisa Angell, avec la ballade « N’oubliez pas », pour l’Eurovision 2015 ?

NA : Quand Rémy Pflimlin et Thierry Thullier m’ont confié l’Eurovision, j’ai dit que j’acceptais cette mission à une seule condition, c’est qu’on ne soit pas 25 à décider de la chanson, et que je choisisse la chanson dans mon bureau.

J’ai envoyé à tous mes contacts un texto en disant : « L’Eurovision est sur France 2. Envoyez-moi vos chansons. » J’ai reçu près de 300 propositions. Il y avait de tout, en termes de genres et styles musicaux, en provenance d’artistes renommés ou totalement inconnus du grand public, avec aussi la présence de grands auteurs-compositeurs.

J’ai fait une écoute à l’aveugle, en ne connaissant ni l’interprète, ni les auteurs-compositeurs. Je voulais un titre pop, jeune et très fort porté par une grande voix. Au final, il me restait 3 titres totalement différents pour Vienne. La chanson sélectionnée n’était pas le titre que je pensais choisir.

Quand j’ai entendu le titre de Lisa Angell, c’était en novembre 2014, pendant les commémorations du centenaire de la Grande Guerre et, en même temps, durant les inondations qui ont frappé la France et qui ont mis des gens dans une situation terrible. Par ailleurs, j’avais en tête ce titre qui m’avait marqué que Calogero avait écrit pour Florent Pagny, à savoir « Le Soldat ».

Au final, je me suis dit que « N’oubliez pas » réunissait à la fois toutes les images liées à la guerre, mais aussi à l’écologie, de tout ce que les gens vivent actuellement à travers le monde, en perdant leur maison ou leurs biens, auquel j'ajoute le combat général dans ces pays des femmes, pour défendre leurs enfants et leur famille.

Cette chanson m’avait donc frappée par rapport à l’actualité que je venais de voir, sans penser ce qu’allait rajouter comme symbolique les événements tragiques de janvier dernier.

J’ai une idée très précise de la scénographie pour Vienne depuis le premier jour où j’ai écouté ce titre, mais je ne peux rien vous révéler à ce sujet d’ici mai.

Comment se passe actuellement votre travail en binôme avec Frédéric Valencak, le Chef de Délégation de la France à l’Eurovision, et avec vos collaborateurs de France 2 ?

NA : Frédéric a une très grande connaissance de l’Eurovision. On a choisi la chanson ensemble, tous les deux, au final. Je ne pensais pas que l’Eurovision m’allait prendre autant de temps, en recevant par exemple des mails ou des textos de sa part à une heure du matin à ce sujet.

J’aime bien travailler en équipe. A partir du moment où on a pris la décision d’envoyer Lisa à Vienne, toute ma direction et mes collaborateurs à France 2 et à France Télévisions, quelque soit leur opinion personnelle sur notre contribution ou notre interprète, m’ont suivie.

Malgré les critiques entendues et lues ici et là ces dernières semaines, j’ai décidé de garder un cap pour l’Eurovision, que je conserverai coûte que coûte. Moi et mon équipe irons en Autriche avec cette philosophie, avec l’envie de délivrer une excellente prestation et d’obtenir un bon résultat.

Le duo de commentateurs pour France 2 a été rendu public le vendredi 6 février dernier, à savoir Marianne James et Stéphane Bern. Qu’attendrez-vous de ces animateurs pour l’Eurovision, vis-à-vis des téléspectateurs et des fans français du concours ?

NA : Ces commentateurs devront avoir une culture à la fois musicale et générale. L’Eurovision est un programme de divertissement, de dimension européenne voire mondiale. Le duo aux commentaires devra avoir une connaissance du pays, de leurs traditions et de l’histoire du Concours. Avec Thierry Thullier, nous pensons que cette paire doit posséder ces qualités.

Enfin, en quoi cette citation de Nelson Mandela, « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès », est-elle importante à vos yeux ?

NA : Sur un plateau de télévision, chaque personne, du balayeur au régisseur son, est importante. C’est la réunion de toutes ces personnes qui fait le succès d’une équipe, et donc d’une émission de télévision.

Je ne pense pas qu’on puisse s’attribuer un succès seul(e). Une émission de télévision ou de radio, ou un journal, se fait avec les différents techniciens présents sur le plateau, avec les intermittents du spectacle, avec le service communication, ou avec la presse.



L’Eurovision 2015 sera diffusée en direct sur les antennes de France Télévisions le mardi 19 mai 2015 pour la première demi-finale, dans laquelle la France votera, sur France Ô (duo de commentateurs non connu à ce jour), et le samedi 23 mai 2015 pour la grande finale du concours sur France 2 (commentaires en direct depuis la Wiener Stadthalle par Marianne James et Stéphane Bern).

Par ailleurs, France 2 diffusera sur son antenne, à une date non connue à ce jour, le show commémoratif
« Eurovision’s Greatest Hits »
, qui sera tourné à Londres le 31 mars prochain, et qui célébrera les 60 ans du Concours Eurovision de la Chanson avec de nombreux invités, dont Natasha St Pier, représentante de la France à l’Eurovision 2001 et commentatrice pour France 3 de la finale de l’Eurovision 2014.

Comme lors des années précédentes, la seconde demi-finale le jeudi 21 mai 2015 sera diffusée en direct sur le site Internet de France 2 consacré à l’Eurovision.
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© Nathalie André Organisation
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