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FRANCE 2014 : Interview des Twin Twin
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Publié le 10 Février 14 à 08h17  / Modifié le 10 Février 2014 à 08h31  Par DRS2G
Dimanche dernier a eu la finale nationale Française pour l’édition 2014 du Concours Eurovision de la Chanson, qui aura lieu du 6 au 10 Mai prochain à Copenhague, au Danemark.
Depuis la semaine dernière, Eurovision-Fr.net vous propose, tous les Lundis, une interview de chacun des 3 finalistes prenant part à ces sélections, afin que vous appreniez à mieux les connaître, à assimiler leur univers musical, et vous expliquer leurs motivations pour l’Eurovision 2014. Et ce pour vous convaincre de voter pour eux tout le long de ce mois de Février.
Après les Destan et Joanna les semaines précédentes, c'est au tour des troisièmes et derniers finalistes à répondre à nos questions, à savoir les Twin Twin.

Composé du parolier et chanteur principal Lorent Idir, de son frère jumeau bassiste François Djemel et du beatboxer/guitariste Patrick Biyik, Twin Twin débute leur carrière dans des squats parisiens, puis sur scène au Café La Pêche dans leur ville de Montreuil.
C'est en 2010 que les choses décollent pour Twin Twin, en remportant le concours « Lance-toi en live », leur permettant ainsi de partir en tournée avec les BB Brunes et VV Brown. L’an dernier, la formation fut signée par la Warner, qui sort leur 1er album studio « Vive La Vie ».
L’expérience Twin Twin se vit essentiellement en concert. Aussi bien à l’aise devant des enfants au Théâtre du Châtelet, sur le plateau des Chansons d’Abord devant un public hétéroclite, ou face à une foule familiale et bon enfant dans leur fief de Montreuil, leur patchwork musical énergique mêle rock, pop, punk, hip-hop, slam et électro, dans le tout dans une bonne humeur communicative et contagieuse.
La rencontre avec les Twin Twin se fait tout d’abord au Théâtre du Châtelet le Dimanche 26 Janvier dernier en fin de matinée, après leur spectacle; avant des retrouvailles, il y a quelques jours, le Vendredi 7 Février, en soirée, dans leur environnement, au café concert de leurs débuts, La Pêche, dans leur fief de Montreuil, en Seine-Saint-Denis.


- Eurovision-Fr.net : Quel effet ça vous fait d’être aujourd’hui, Dimanche 26 Janvier, sur la scène prestigieuse du Théâtre de Châtelet ?

François : Quand on nous a dit qu’on allait chanter au Théâtre du Châtelet, on ne connaissait pas le lieu. Mais c’est effectivement un endroit immense et prestigieux où se jouent de grands opéras, et on s’est dit qu’il fallait assurer.
Nous avons rencontré Jean-Philippe Delavault, le directeur artistique du Théâtre, avec qui nous avons travaillé ce spectacle, et grâce à qui nous avons appris beaucoup de choses. Nous sommes fiers de l’avoir fait, et c’était une bonne première pour nous.

Patrick : Nous ne nous rendions pas compte du standing du Théâtre du Châtelet. Mais en répétant sur cette scène, on sentait l’atmosphère spécifique de celle-ci, mais nous y avons apporté notre touche Twin Twin, colorée et punk.

- EFR : Que vous inspire Montreuil, à part celle d’être votre ville de naissance et de vos débuts sur scène, au Café La Pêche, que vous allez refouler le Vendredi 7 Février ?

FD : Nous continuons actuellement à aller dans cette ville pour faire des répétitions. La maison dans laquelle nous y habitions est en rénovation, mais comme les travaux tardent, on peut bénéficier de ce local pour stocker nos guitares et nos amplis, même s’il n’y a pas de chauffage, que les lampes soient grillées et que la maison soit vieille. Mais c’est là où on se retrouve.
Ca fait plaisir de se retrouver à Montreuil, au Café la Pêche, car c’est dans cette ville que nous avons concrétisé des projets, que ce soit Chimère avec mon frère Lorent, ou Twin Twin avec Patrick, qui venait de Chelles, en Seine-et-Marne.

- EFR : En 2007, sous le nom de Chimère, vous avez sorti un album teinté de slam « Un Cheval sur le Périphérique » et Lorent a publié un roman en 2010, « Un Nageur en Plein Ciel », deux œuvres noirs et réalistes. Twin Twin a pris le parti-pris de traiter de la vie sur un ton léger, décalé et coloré. Comment s’est créé ce changement artistique ?

Lorent : A mes débuts, donc en tant que membre de Chimère, je faisais du slam, à l’époque un style très confidentiel, sur les scènes Parisiennes et Franciliennes, avec entre autres Fabien, alias Grand Corps Malade, à Saint-Denis, bien avant qu’il sorte des albums et ait du succès, dans des bars devant 10-15 personnes. Dès fois, je me faisais accompagner par mon frère François à la basse sur mes compositions, qui étaient littéraires et longues.
Ensuite, on avait rencontré Patrick car on avait besoin d’un beatboxer, d’une personne pouvant apporter du rythme. J’avais également le désir d’écrire des paroles, non plus sous une forme slammée, mais plus courtes, et en plus grande adéquation avec la musique. Et donc que le sens littéraire des textes ne soit plus au premier degré, mais au contraire dynamique et festif. Par rapport à Chimère, on a rajouté des synthés et des boîtes à rythme, qui font désormais partie intégrante de l’univers Twin Twin.

- EFR : Dans la préface du roman de Lorent, « Un Nageur en Plein Ciel » (éditions Rivages Noir), pour lui, (selon Abdel Hafed Benotman, l’auteur de la préface) « l’image de la vie est un puzzle dont nous perdons une à une les pièces jusqu’à n’en garder que la dernière qui se rappelle à nous : la part d’enfance. Cette dernière pièce, qui nous fait un porte-bonheur à ne pas égarer. » Ainsi, quelle importance a le monde de l’enfance dans votre vie et dans votre musique ?

PB : Nous venons tous d’avoir 28-29 ans dans le groupe, ce sont des âges où on a un vrai aperçu de l’enfance, où on prend du recul. Aujourd’hui, on prend en considération des moments de l’enfance dont nous ne voyions pas l’importance auparavant, comme lorsque nos mères faisaient des efforts et se sacrifiaient pour nous. Personnellement, je me sers de toute l’expérience accumulée pour devenir une grande personne, et aller au bout de mes rêves.

FD : L’enfance est un héritage pour moi et mon frère, car notre grand-père paternel a passé sa vie à s’occuper d’enfants orphelins après la guerre, alors qu’il n’avait aucune formation. Donc, quand nous étions enfants, le village de notre grand-père était un village d’enfants, avec une forte notion de partage et de solidarité. En gros, de vraies valeurs, importantes, qui ont aujourd’hui tendance à être gommées par l’éphémère.
Dans Twin Twin, on retrouve, surtout à nos débuts, une notion d’artisanat, du travail bien fait, d’une œuvre solide, tel un menuisier. On faisait tout nous-mêmes : les guitares, les vidéos, les décors,…en toute sincérité, comme on nous l’avait inculqué enfants.

- EFR : Vos influences musicales sont nombreuses et diverses, d’horizons et d’univers artistiques différents, allant de Bérurier Noir à Pantera, en passant par Francis Cabrel ou NTM. Quels artistes ou groupes en particulier vous ont chacun poussé à percer dans le monde de la musique ?

FD : Il y a deux musiciens de légende qui ont bercé ma jeunesse et mon adolescence, le bassiste Bootsy Collins et le guitariste Slash des Guns N Roses. Ce dernier, je le considère comme le grand frère qui écoutait du rock que je n’avais jamais eu. J’en ai eu la révélation en voyant une vidéo d’un concert de son groupe, à la télé. C’était la première fois que je voyais un guitariste sur scène, lorsque j’étais ado. Et aussi Sting, à l’époque de Police, qui m’a donné l’envie de jouer de la basse. Et pour nous tous, Michael Jackson, en tant qu’artiste complet et modèle.

PB : Pour moi, c’est Jeff Buckley. Quand j’étais petit, dans les années 90s, il y avait des best-of musicaux de l’émission Nulle Part Ailleurs sur Canal +. J’étais au lycée, j’avais 15 ans. Chaque semaine, ça traitait d’un style musical précis, comme le hip-hop ou l’électro. Dans le numéro consacré au rock, il y avait Slipknot, Nirvana, et Jeff Buckley. La voix de Jeff ouvrait sur un autre univers, un autre monde. Il donnait envie d’aller à fond, de croire à ses rêves, et de réaliser ses projets les plus chers.

LI : Pour moi, impossible de t’en citer un précisément : 2/3 à la rigueur selon les jours. Dernièrement, par exemple, j’ai réécouté du Kraftwerk. Ils m’hallucinaient au niveau du son, surtout à leur époque. Mais beaucoup de grands artistes m’ont inspiré, dans des styles, périodes et genres différents.

- EFR : Pour revenir à l’enregistrement des Chansons d’Abord le 10 Décembre dernier, comment avez-vous appréhendé votre passage sur scène, aux studios du Pré St Gervais, comparativement à d’autres prestations musicales que vous ayez pu expérimenter dans le passé ?

FD : C’est la première fois que nous travaillions avec un playback orchestre et avec une mise en scène soignée et chorégraphiée. En concert, on à l’habitude que ça aille dans tous les sens. Dans le morceau « Moustache », il y a des effets de voix mis en avant, mais nous avons dû retravailler la prestation car il ne doit y avoir que des voix live. Nous avons eu peu de temps pour apprendre la chorégraphie, chanter et danser en même temps.

PB : On avait toujours travaillé en configuration concert auparavant. Nous avons dû nous défaire, sur le plateau télévisé, d’habitudes que nous avons coutume de prendre en live, ou qui n’arrivent qu’en spectacle avec toutes sortes d’aléas techniques ou extra-musicales sur scène, dans la salle ou dans le public. Préparer une prestation chorégraphiée était difficile pour nous.

- EFR : Comment avez-vous géré le fait d’avoir dû interpréter deux fois de suite « Moustache », lors de ce tournage, suite à des problèmes techniques ?

LI : Lorsque j’ai chanté « Moustache » la première fois, j’ai eu un problème de retour. Je n’entendais pas la bande-son et ai donc chanté dans de mauvaises conditions. Le son que j’avais était bizarre. J’en ai fait part à Natasha St Pier, une fois la prestation terminée, de mon problème, et que je veuille refaire la performance. Ce souci fut également détecté par la régie, qui nous a fait recommencer. Ca m’a soulagé de pouvoir rechanter « Moustache ». La première fois, avec ce problème de son, je n’étais pas à l’aise.

- EFR : Qui est à l’origine de la chorégraphie vue lors de la prestation de « Moustache » sur le plateau des Chansons d’Abord ?

FD : On travaille avec un chorégraphe, Romain Antonini, qui a fait les mises en scène de « The Voice » ou celles de Shy’M. Nous l’avons rencontré au cours d’une soirée, par l’intermédiaire d’un de nos amis danseurs, hors de son travail et de son contexte habituel.
Après avoir monté une école de danse à Montreuil, d’où il est originaire comme nous, il est allé aux Etats-Unis danser aux côtés de Beyoncé et de Shakira, entre autres, avant de revenir chez nous, fort de cette expérience outre-Atlantique.
Nous avions auparavant travaillé avec lui sur le vidéo clip de « Je Vais Très Bien ». Mais il a dit qu’on n’allait pas reprendre les danseuses de ce clip, car ça ne correspondait pas à l’énergie dont il avait besoin pour « Moustache ». C’est lui qui a trouvé les 3 danseuses pour la prestation de l’Eurovision, celles qui allaient parfaitement s’adapter à l’univers de « Moustache ».

- EFR : Parmi les artistes et les groupes pour lesquels vous avez fait les 1ères parties, lesquels vous ont le plus apporté musicalement et humainement ?

PB : Catherine Ringer, sans hésitation.

FD : Pour moi, il y a Nina Hagen, et surtout, humainement, VV Brown. Pour anecdote, VV était accompagnée en tournée de ses 2 frères, qui évoluaient dans un style gospel. L’un d’eux n’arrêtait pas de mâter son téléphone sur sa batterie, on pensait qu’il était sur le coup avec plusieurs filles. Mais, en fait, en le mâtant discrètement, il regardait sur son portable la photo de sa fille qui venait de naître. Ca nous avait tous marqués.

- EFR : Que répondez-vous quant au fait de comparer votre univers artistique plus particulièrement à celui de Stromae, dont vous avez fait la 1ère partie, de par sa richesse musicale, son côté populaire, son exigence et son excentricité ?

FD : Si on peut vendre autant d’albums que lui, on sera content ! Il peut y avoir une correspondance avec ce côté Français, avec ce mix d’électro et de différentes sonorités, mais avec un côté plus mélancolique et moins fou que nous. Mais on nous compare avec Stromae actuellement, parce qu’il a énormément de succès en ce moment. Mais j’ai aussi eu personnellement droit à « Wayne’s World » à cause de mes cheveux longs !

PB : Les gens veulent toujours nous assimiler avec un autre groupe existant, car ils ont besoin de repères. Il y a 3 ans, lorsque Twin Twin débutait, on nous comparaissait avec les LMFAO. On nous vannait en banlieue, en nous criant dessus « I’m sexy, and I know it ! ».
Au début, on ne savait pas quoi dire quand on nous associait avec un autre groupe, maintenant, on est immunisés.

- EFR : Quel titre de jumeaux ou de jumelles de l’Eurovision préférez-vous ? « Le Papa Pingouin » de Sophie & Magali (Luxembourg 1980) ou « Lipstick » des Jedward (Irlande 2011) ?

FD : Sans hésiter les Jedward. Ils furent les premiers à nous soutenir et à nous encourager. Dès qu’ils ont su qu’on participait aux sélections Françaises pour l’Eurovision 2014, ils sont allés sur Internet écouter notre musique, et nous ont apporté leur support immédiatement sur les réseaux sociaux.
C’est cool qu’un groupe venant d’un autre pays, avec une autre culture que la tienne, aille vers toi. Partout où on est allés, ce qui a touché les gens, en concert, c’était notre côté humain. L’Eurovision doit être pour nous un moment de rencontres et de partage.
Ce que je pense, c’est que si les Français en général ne s’intéressent pas à l’Eurovision, c’est que les gens se prennent un peu trop au sérieux, et doivent accepter de, parfois, faire la fête, s’éclater et lâcher prise.
Pour résumer, pour nous, l’Eurovision est une sorte d’Olympiades amicales de la chanson, pour réunir tous les Européens autour d’un événement musical.

- EFR : L’Eurovision 2014 aura lieu à Copenhague en Mai prochain dans le cadre d’un concept, « L’Ile Eurovision ». Si vous étiez sur une île déserte, quel disque, à part « Vive la Vie », emmèneriez-vous ?

FD : « Harvest » de Neil Young, un disque très agréable que je peux écouter tout le temps, et AC/DC dans un style complètement différent.

LI : Du Bob Marley. L’artiste idéal à écouter avec les feuilles d’un palmier !

PB : La bande originale de la « Guerre des Etoiles » par John Williams. Je m’imagine en train de me faire attaquer par un vol de mouettes, à l’instar de vaisseaux de l’Empire !


Retrouvez toute l’actualité des Twin Twin sur leur site Internet officiel : http://www.twintwin.fr/

Pour voter pour "Moustache" de Twin Twin :

- Par téléphone, tapez 3 au 32 45 (0,34€/MIN+coût selon opérateur)
- Par SMS, envoyez 3 au 7 3003 (2x0,65€+prix du SMS)
- Par Internet sur le site de France 3

Vous avez jusqu’au Dimanche 23 Février 17 H CET pour vous exprimer.

Un grand merci à Adrien Morin, de Warner Music France, à Martin Coulon et Sylvain, du Théâtre du Châtelet, à Marie Guilguet et Laurence Alvart, de la société Stage of the Heart, et à l'équipe du Café La Pêche à Montreuil pour leur aide précieuse dans la tenue de cette interview ; ainsi qu’à Lorent, François et Patrick pour leur gentillesse et leur disponibilité.

Nous nous quittons sur la prestation live de "Moustache" des Twin Twin sur le plateau des Chansons d’Abord le Dimanche 26 Janvier dernier, ainsi que sur une galerie photo réalisée par nos soins à l'issue des concerts des Twin Twin au Théâtre du Châtelet le Dimanche 26 Janvier (jour où nous avons réalisé l'interview) et à la Pêche de Montreuil le Vendredi 7 Février.



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